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      Histoire de la peluche Convertir en PDF Version imprimable
      Image Découvrez l'histoire fantastique des peluches !
      Du classique ours traditionnel à la peluche multifonction...
      Une histoire atypique qui vous plongera au siècle dernier, et vous fera traverser les époques...

      DE L'OURS EN PELUCHE AUX PELUCHES A FONCTIONS
       
      LA DOUBLE PATERNITE DE L'OURS EN PELUCHE
       

      L'ours en peluche, que chacun voit très tôt apparaître dans son berceau, a une double paternité.
      Pour certains, il serait né aux USA, dans l'atelier de Morris Michtom. En 1902, le président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt, participe à une chasse à l'ours dans le Mississipi. Ne parvenant pas lui même à tuer un ours, on lui propose un ourson, que l'on attache à un arbre. Roosevelt refuse.
      L'anecdote paraît le lendemain dans le Washington Post, avec une illustration de Clifford K. Berryman.
      Morris Michtom, s'inspirant de cet événement, créée le premier Teddy Bear, en hommage à Roosevelt (Teddy était le surnom du président). Un grossiste américain, Butler Brothers, rachète le fonds de Michtom et fonde alors la première société américaine d'ours en peluche : la Ideal Novelty & Toy Company.
      © Musée du Jouet – Moirans
       

      A la même époque, en Allemagne, Richard Steiff dessine les ours qu'il voit au zoo de Stuttgart. Sa tante Margarete Steiff a déjà conçu dans les années 1880 le premier jouet en peluche Steiff : un éléphant, qui sert de pelote d'épingles. En 1903, elle s'inspire des croquis de Richard et réalise le premier ours Steiff : Bar 55 PB. Exposé à la foire de Leipzig en 1903, l'ours attire l'attention d'un acheteur américain, George Borgfeldt, qui en commande 3000. En 1905, la marque Steiff est
      déposée ; son signe distinctif est le bouton de métal dans l'oreille.
      Photographie de l'ours Eddie, réalisé par Steiff vers 1905.

      LES ANNÉES TEDDY BEAR
       

      La période allant de 1906 à 1908 est considérée comme l'apogée des ours en peluche ; ce sont les "années Teddy Bear". Les Allemands sont alors les plus gros producteurs d'ours, qu'ils exportent principalement. La France est l'un de ces acheteurs : en 1907, des ours en peluche fine, articulés, avec ou sans voix, sont proposés dans les catalogues d'Étrennes. Les usines, en Allemagne, se multiplient, afin de répondre à une demande croissante. Gebrüder Bing, Fleischmann et Bloedel, John Hermann sont de celles-ci. Steiff, de son côté, produit 947000 ours en 1907.
      Toutefois, quelques pays tentent également de percer dans ce secteur : les sociétés American Doll and Toy Manufacturing Company, Hahn & Amberg, Aetna & Bruin aux USA ; William J. Terry, British United Toy Manufacturing Company, J.K. Farnell, Dean's Rag Books Company en Grande Bretagne.
      Les ours de cette époque sont réalisés dans des matériaux naturels, tels que la peluche de mohair. Le rembourrage s'effectue avec de la paille de bois. Les yeux sont généralement des boutons de bottines.
      Les coussinets sont en feutre. Et nombre de détails sont brodés. Les ours se caractérisent par une bosse adipeuse, de longs membres articulés ; il arrive qu'ils grognent lorsqu'on leur appuie sur le ventre ou lorsqu'on les retourne.
       

      LES BOULEVERSEMENTS DUS AUX GUERRES

      La Première Guerre mondiale bouleverse le marché de la peluche. L'interdiction d'importer des produits allemands entraîne la fin du monopole allemand dans l'industrie du jouet, et l'apparition de nouvelles firmes, principalement en France (Thiennot, Pintel et Fadap) et en Grande-Bretagne (Chad Valley, Chiltern, William Henry Jones).
       
      Le développement de la concurrence dans les années 1920 suppose que les firmes fassent des efforts de créativité afin de s'imposer sur le marché international. On voit donc apparaître de nouveaux matériaux. Le kapok, matériau doux, léger, hygiénique et bon marché se substitue à la paille de bois.
      On utilise parallèlement une peluche de soie artificielle, tissée avec des fibres extraites de la cellulose de plantes ligneuses. Les ours changent alors de couleurs ; ils sont bleus, roses... Leurs yeux sont en verre.
       
      La Seconde Guerre mondiale modifie une fois encore l'industrie du jouet. Face au manque de matières premières et de main d'oeuvre, certaines usines se voient dans l'obligation de fermer. Cette pénurie suscite une nouvelle modification des ours : leurs membres sont plus courts, leur corps plus petit, en peluche de coton, moins chère que le mohair.
       

      DE NOUVELLES PRÉOCCUPATIONS : LA SÉCURITÉ


      Ce déclin de la production de jouets en peluche après la guerre ne dure que peu de temps.
      Rapidement, de nouveaux fabricants s'implantent (Ajena, Blanchet, Boulgom, Nounours, Anima, Aux Nations) ; d'autres reprennent leur activité. Tous révolutionnent la fabrication des peluches.
      Conséquence d'un intérêt nouveau pour la sécurité des jouets, on se tourne vers de nouveaux matériaux. Des tests sont effectués sur des yeux en plastique, sans danger. Les résultats ne se font
      pas attendre :
      - En 1948, Wendy Boston fait breveter un "système d'yeux de sécurité", inoxydables et qui ne peuvent
      pas s'arracher.
      - En 1954, le français Boulgom remplace le bourrage par un corps moulé, en latex. L'ours, plus doux et plus souple, gagne en tendresse et se rapproche du bébé.
      - En 1960, Wendy Boston réalise l'ours "Playsafe", le premier ours lavable en machine, en nylon bourré de mousse synthétique.
      - En 1970, le corps est bourré de mousse de polyester.
      Les fibres synthétiques, bon marché et plus hygiéniques, remplacent les matériaux naturels. L'hygiène et la sécurité étant au centre des préoccupations des fabricants, les premiers codes de sécurité sont publiés, donnant des recommandations et proposant des tests.
       
      LA CONCURRENCE ASIATIQUE
       
      Dans les années 1960-1970, les premiers fabricants d'ours en peluche ont tendance à disparaître
      progressivement, ne résistant pas à la pression asiatique. La demande croissante de peluches nécessitent une main d'oeuvre abondante et bon marché, que seuls les pays asiatiques peuvent fournir. Ils deviennent dès lors prédominants dans ce secteur de production.
      Cette demande entraîne également une industrialisation de la production : des machines à rembourrer à air, des découpeurs mécaniques... font peu à peu leur apparition dans les usines.
      De 1970 à 1990, 2 types d'ours sont disponibles sur le marché :
      d'une part des ours traditionnels, articulés, avec de longs membres, une
      bosse dans le dos, en matériaux naturels, réalisés par les plus anciens
      fabricants européens tels que Steiff, et destinés aux collectionneurs ;
      Thiennot, par exemple, conçut vers 1920 l'ours Émile. Cette photographie
      est une reproduction de ce modèle, que la société réalisa en 1992.
      © Musée du Jouet – Moirans
       
      D'autre part des peluches douillettes, non articulées, en matériaux sans danger, entièrement synthétiques et lavables, pour enfants, réalisées principalement dans les pays asiatiques.
      Les matériaux utilisés pour ces dernières sont divers et variés, mais toujours doux : coton, velours éponge, bouclettes, tissus de parachute ; le rembourrage est toujours souple, souvent en perles de plastique. Les peluches peuvent alors prendre toutes les positions.
      Considérées comme de véritables jouets, les peluches sont depuis 1977 dignes de la plus grande confiance. En effet, à cette date, l'application de normes de sécurité, révisées régulièrement, est devenue obligatoire. Suite aux tests réalisés en laboratoires spécialisés, le fabricant vous garantit,
      entre autres, la résistance au feu et à la toxicité de la peluche.
       

      DES ANIMAUX ET DES LICENCES

      Bien que l'ours soit l'animal le plus représenté en peluche, d'autres animaux sont reproduits. Steiff produit, en 1911-1912, plus de 1700 sujets différents. Parmi eux, des girafes, des éléphants, des chameaux, des ânes, des chevaux, des cochons. Mais de 1920 à 1925, les chats et les chiens sont les plus demandés. Ils sont encore à l'honneur dans les années 1960, aux côtés des lapins.
      Dans les années 1930, on découvre chez Schuco des singes, des chimpanzé et des lapins, puis dans les années 1950 des lions.
      Les pandas sont introduits dans les zoos anglais et américains dans les années 1930. Très rapidement, les fabricants de jouets (Chad Valley, Merrythought, Gund) réalisent leur reproduction en peluche.
      En 2001, tous les animaux sont reproduits en peluche, qu'il s'agisse d'animaux familiers (chiens, chats...), de rongeurs, d'animaux de ferme, d'animaux vivant dans les pays exotiques ou en Arctique...
      © Musée du Jouet – Moirans
       

      Les personnages de dessins animés ou de contes constituent également une importante source d'inspiration pour les fabricants. Steiff reproduit déjà au début du siècle le lapin Peter Rabbit, le Chat Botté, le chien Bonzo (issu de la bande dessinée de George Study).
      Les personnages de Walt Disney apparaîtront quelques années plus tard, vers 1930, chez Chad Valley, Gund. Mickey Mouse, qui est au coeur de 2 films dès 1928, sera reproduit par Dean's Rag Book Company vers 1932.
      Aujourd'hui encore, les peluches à licence font le bonheur des petits.
      Marsupilami (comme sur la photographie), Pokemon, Teletubbies, Winnie l'Ourson... : chaque film ou série télévisée suscite la réalisation de produits dérivés.
       

      LES PELUCHES A FONCTIONS
       


      Toutefois, en ce début de 3e millénaire, ces peluches traditionnelles, douces, silencieuses, ne sont plus seules sur ce marché. Dans les années 1990, les nouvelles technologies ont été introduites dans les peluches, permettant à celles-ci de parler, de reconnaître la voix de l'enfant, de changer de couleur dans l'eau...
       
       
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